Histoire
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2026

Jamais deux sans trois

Et si, après Pompéi et le Titanic, nous étions la troisième catastrophe ?
TAGS : Antiquité | Asteroïdes | Atlantide | Bombe atomique | Civilisation | Démocratie | Iceberg | Mort | NASA | Oligarchie | Pollution | Pompéi | Titanic | Volcan
Publié le : 1er avril 2026 - Modifié le : 30 août 2026

Il existe dans notre histoire deux catastrophes majeures qui marquent notre imaginaire tellement leur charge émotionnelle est intense. Je veux parler du naufrage du Titanic en 1912 et de l’ensevelissement de Pompéi en 79. Ces deux événements semblent n’avoir aucun rapport entre eux. Pourtant, à y regarder de près, ils ont de nombreux points communs. Et comme selon le dicton « Jamais deux sans trois », ils préfigurent peut-être la prochaine catastrophe. Voyons cela.

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Je n’ai pas de statistique, mais je suis certain que le nombre de documentaires et de films consacrés au naufrage du Titanic et à l’explosion du Vésuve qui a anéanti Pompéi dépasse sans doute largement celui des productions consacrées à d’autres catastrophes. Ces deux-là occupent à coup sûr le top 10 de la catégorie des événements marquants de l’humanité.

Qu’est-ce qui relie ces deux catastrophes ? Près de dix-neuf siècles les séparent. Elles se sont produites dans des époques qui n’ont rien de commun. L’une se déroule au pied d’un volcan, l’autre au milieu de l’Atlantique. Quels liens entre les artisans et commerçants d’un cité antique et les passagers d’un paquebot insubmersible ? Bien sûr, il y a l’horreur vécue par les uns et les autres. La brutalité de leur mort nous choque, alors qu’ils avaient « tout pour être heureux » selon la formule consacrée. Et on imagine que ceux qui s’en sont sortis — il y en a — ont gardé des traces de leur cauchemar toute leur vie.

Et pourtant, à y regarder de près, ces deux événements ont de nombreux points communs, et ils sonnent comme un avertissement sur ce qui pourrait nous arriver si nous ne sommes pas plus vigilants.

On les rappelle brièvement, même je pense que tout le monde les connaît.

Pompéi, l’antique cité ressuscitée

La plus ancienne de ces deux catastrophes mémorables est l’éruption du Vésuve qui détruisit en une nuit la cité prospère de Pompéi en 79 de notre ère. Pompéi était situé tout près de Naples, en Italie, à deux pas de la mer, dans une zone très fertile. C’était une cité florissante de 7 500 à 13 500 habitants, selon les estimations, qui coulait des jours heureux quand, un jour maudit de l’automne 79, sans doute le 24 octobre (ou le 24 août, selon les hypothèses), le Vésuve, ce volcan qui dominait la ville, explosa. La population fut sidérée car elle n’imaginait pas qu’elle vivait au pied d’un volcan. Certes, en 62, il y avait eu un tremblement de terre, qui avait causé d’importants dommages. Une nouvelle secousse avait eu lieu en 70, mais de là à imaginer que c’était le signe annonciateur d’une catastrophe plus grave, il y avait un pas que les Pompéiens, occupés par leurs affaires, ne songeaient pas à franchir.

Les habitants de Pompéi fuyant l’éruption du Vésuve. (Reconstitution IA de Gemini)

Le tremblement de terre était passé, on avait réparé les dégâts petit à petit et puis, tout à coup, quelques années plus tard, sans qu’on ait pu le prévoir, la montagne a explosé, libérant une colonne de fumée qui a atteint près de 32 km de haut ! La colonne était composée de pierres ponce qui sont ensuite retombées sur la ville. Certains habitants ont fui et ont été sauvés ; d’autres sont restés en se mettant à l’abri. La nuit est venue et tout a semblé se calmer, mais le pire était à venir. Le volcan a craché une lave pyroclastique qui a enseveli en quelques minutes toute la ville, tuant les habitants encore présents. La ville proche d’Herculanum fut elle aussi détruite.

Ainsi Pompéi disparut sous les cendres et on l’ignora pendant des siècles. Certes on savait qu’elle existait et des vestiges en avaient été extraits. Mais c’est à partir de 1748 qu’on a entrepris les fouilles qui ont permis de mettre à jour les deux tiers de la ville, nous offrant ainsi un témoignage exceptionnel sur ce qu’était une cité romaine antique. Finalement, le Vésuve, quoique cruel pour les habitants, a offert à la science un cadeau incroyable. Et depuis, on ne cesse de faire de nouvelles découvertes sur ce site, qui est loin d’avoir révélé tous ses secrets.

On ignore combien de Pompéiens ont survécu à cette catastrophe. On estime le nombre de morts à 2.000. Il se trouve qu’au moment de l’explosion il y avait une grande foire commerciale dans une ville proche, si bien que quelques-uns des plus riches commerçants ont assisté impuissants à la catastrophe, et ont survécu. On imagine leur horreur en voyant le sort réservé aux membres de leur famille restés sur place.

Le paradoxe est que la ville a dû sa prospérité à la fertilité du sol. Et cette fertilité est venue de la lave du volcan ! Ainsi, le Vésuve, qui a assuré la richesse aux habitants de la cité, les a ensuite anéantis.

Titanic, l’insubmersible qui coula à pic

Faisons un saut dans le temps. En 1912, un magnifique paquebot, fleuron de la White Star Line, prend la mer le 10 avril à Southampton en direction de New-York avec aux commandes le capitaine Edward Smith. Il a été baptisé le Titanic, car il surpasse tout ce qui a été imaginé jusqu’alors. Construit à Belfast, il est le bateau de tous les superlatifs : il est le plus grand, le plus beau, le plus rapide, le plus luxueux et surtout, il est insubmersible ! Après une escale à Cherbourg où il embarque des passagers, essentiellement pour la première classe, et une autre à Queenstown où il embarque cette fois des émigrants qui vont voyager en troisième classe, il se lance sur l’Atlantique avec à son bord 1 324 passagers et 889 membres d’équipage.

Les rares canaux, souvent remplis à moitié, ne parvinrent pas à sauver tous les passagers. (Reconstitution IA de Gemini)

Au cours de sa traversée, le Titanic est averti par d’autres navires de la présence de glace sur sa route, mais rien ne l’arrête et dans la nuit du 14 au 15 avril, il heurte un iceberg qui déchire sa coque sous la ligne de flottaison. L’eau pénètre dans les cales du navire et le capitaine se rend à l’évidence, le bateau insubmersible va couler ! Sauve qui peut ! On jette les canaux à la mer, mais il n’y en a pas assez, et l’évacuation est mal gérée. Des canaux sont mis à l’eau à moitié vides. Les autres navires qui croisent sur l’Atlantique sont trop loin, ou n’ont pas entendu ses SOS, seuls 700 passagers environ sont sauvés et près de 1.500 périssent dans l’océan glacé, en majorité des hommes. 75 % des troisièmes classes ont trouvé la mort.

Cette catastrophe est le fruit d’une série de hasards et d’erreurs funestes. Les vigies n’ont pas pu se procurer de jumelles, il fait nuit noire, au lieu d’aller droit vers l’iceberg, le capitaine décide de le contourner, mais la manœuvre ne permet pas de l’éviter. Enfin, quand le bateau commence à couler, l’opérateur de radio du navire le plus proche ne répond pas au SOS ; il est allé dormir... On sait aujourd’hui que la cause du naufrage est la faiblesse des rivets de la coque. De plus, les parois des quatorze compartiments de la cale n’allaient pas jusqu’au plafond, si bien que lorsque le bateau a commencé à pencher sous le poids des premiers compartiments inondés, l’eau est passée dans les autres compartiments par le haut.

Deux catastrophes, les mêmes leçons

Une ville anéantie par un volcan, un paquebot qui coule, on pourrait penser que les deux événements n’ont rien à voir, sinon le sentiment d’effroi qu’ils nous inspirent. Et pourtant…

En fait, elles ont de nombreux points communs :

En premier lieu, la rapidité de la destruction. Chaque événement fut soudain et total, ne laissant que peu de temps pour réagir, soulignant la fragilité des civilisations face aux forces naturelles. En second lieu, elles marquent la conscience collective. Qu’aurions-nous fait si nous avions été Pompéien, le terrible jour ? Qu’aurions-nous fait si nous avions été passager du Titanic, la terrible nuit ? Impossible de ne pas se mettre à la place des uns et des autres, d’imaginer leur surprise — leur effroi, devrais-je dire — leur incrédulité, leur panique, leur soif de survie, au prix d’un accommodement avec la morale.

Ces événements meurtriers sont devenus des mythes ou des symboles, utilisés pour enseigner des leçons sur l’humilité, la justice sociale et le respect de la nature. Car ces catastrophes sont riches d’enseignement. Elles ne sont pas le fruit d’un hasard malheureux. Ils sont la conséquence de plusieurs facteurs.

L’orgueil comme précurseur de la chute : dans les deux cas, l’orgueil (technologique pour le Titanic, économique pour Pompéi) a aveuglé les sociétés, les rendant incapables d’anticiper ou de prévenir la catastrophe.

L’inégalité sociale comme facteur de vulnérabilité : les inégalités ont aggravé l’impact des catastrophes. Sur le Titanic, les passagers de troisième classe eurent moins de chances de survie. À Pompéi, les esclaves et les pauvres, moins mobiles, furent plus touchés.

La nature comme force correctrice : les deux événements suggèrent une nature (ou une divinité) qui « corrige » les excès humains. Le Titanic et Pompéi montrent une nature indifférente aux constructions humaines, mais dont la puissance rappelle les limites de l’homme.

L’avertissement ignoré : dans chaque cas, des signes avant-coureurs furent ignorés. Le Titanic reçut des messages d’avertissement sur les icebergs ; les Romains connaissaient le Vésuve.

Pompéi n’était pas si radieuse que cela

Pompéi se voulait une ville prospère et on a souvent dit que les gens y vivaient heureux. On a découvert un mode de vie « à la romaine » qui faisait envie : un forum, un théâtre, des thermes, des rues pavées, des commerces, et surtout des villas d’une splendeur inimaginable, avec des fresques et des statues à couper le souffle. La plupart de ces chefs-d’œuvre sont réunis au musée archéologique de Naples, et pour l’avoir visité, je peux vous assurer que ce sont des merveilles.

Deux des incroyables statues découvertes dans une villa de Pompéi et exposées au musée archéologique de Naples.

Oui, mais voilà, tout n’était pas rose à Pompéi. Quand on visite la ville comme je l’ai fait, on est frappé par quelques détails. Par exemple, le culte rendu aux chiens, qui gardaient les maisons, avec cette célèbre inscription « Cave Canem » « Prends garde au chien ». Par exemple aussi, ces systèmes très sophistiqués pour empêcher qu’on puisse forcer la porte d’entrée de la maison. En fait, la ville vivait dans la peur. Des gangs semaient la terreur. On a retrouvé les défis qu’ils se lançaient sur les murs. Ce sont les fameux « graffitis », les messages gravés dans la pierre, qui ont donné naissance au terme qui, aujourd’hui, désigne chez nous les tags, les lettrages et persos peints dans nos villes. Les Pompéiens étaient victimes de ces gangs et les redoutaient.

Les esclaves étaient condamnés aux tâches dangereuses : ici les « fouloirs ». Pour laver le linge, les esclaves foulaient les vêtements dans des bassines remplies de produits chimiques. (Reconstitution IA de Gemini)

Non, tout n’était pas rose à Pompéi, sans parler de l’existence d’une population d’esclaves condamnée à exécuter les basses besognes. Quelques familles privilégiées étalaient leur richesse au vu et au su de tout le reste de la population, condamnée, elle, à la pauvreté et à la soumission. Un exemple. Pour laver le linge, on demandait à des esclaves de le piétiner dans des « fouloirs » remplis de liquides chimiques pour faire partir la saleté. Dans quel état pouvaient être les pieds de ces pauvres esclaves astreints à ce travail insalubre ?

Sur le Titanic, les pauvres permettaient aux riches de vivre dans l’opulence

Et sur le Titanic ? Tout était-il rose ? Oui, sans doute pour les passagers de première classe, qui occupaient de luxueuses cabines et se retrouvaient dans des restaurants à la décoration sublime. Service digne des meilleurs établissements « terrestres », cuisine raffinée, assiettes et couverts d’exception. On ne refuse rien à cette clientèle fortunée qui a décidé de se faire un joli cadeau en s’offrant la traversée inaugurale.

Mais en bas, dans les parties du bateau réservées à la troisième classe, c’est autre chose. Sans doute l’ambiance y est plus enjouée, plus débridée : on joue, on boit, on danse, on rit. Oui, mais pour tous ces gens, le voyage n’est pas une croisière. Ils fuient la misère de l’Europe pour tenter de vivre mieux de l’autre côté de l’Atlantique. On leur a fait miroiter un avenir de rêve dans un pays où tout semble possible, où on a besoin d’eux, où on les attend.

Encore moins gâtés que les passagers de 3e classe, les ouvriers qui faisaient avancer le navire ont été touchés en premier. (Reconstitution IA de Gemini)

Et il y a pire, les soutiers qui font avancer le navire. Ils travaillent dans des conditions inhumaines : le bruit, la chaleur, la fumée. Ils mourront les premiers, noyés par l’eau qui se déverse sur eux depuis ces compartiments supposés étanches qui étaient censés rendre le navire insubmersible.

Une belle image de la société. Une classe aisée qui vit dans l’opulence, une classe qui rêve d’une vie meilleure, un prolétariat qui fait marcher la société au péril de sa vie.

Dans les deux cas, nous avons des sociétés qui rangent les individus dans des classes qui s’ignorent entre elles. En haut, on ne veut pas savoir ce que vivent ceux d’en bas. En bas, on imagine qu’on pourra peut-être vivre un jour comme ceux d’en haut. Illusion. À Pompéi, des esclaves affranchis parvenaient à faire fortune. Il fallait donner du rêve aux dominés pour éviter que la société explose comme un volcan.

La sanction de la nature

C’est la chaleur de la cendre pyroclastique qui a tué les uns, c’est la froideur de la glace qui a tué les seconds. Étrange jeu de miroir entre ces deux événements. Dans les deux cas, la nature a mis fin à une situation qui lui paraissait insupportable. La nature aurait-elle une âme, une volonté propre ?

On pourrait penser qu’elle a frappé au hasard : le volcan endormi soudain s’est réveillé. Un iceberg est apparu dans la nuit obscure et glaciale. Un pur hasard ? La faute à pas de chance ? On ne dira pas qu’ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Non, la tragédie était inscrite dans leur destin. Certes, la science des Pompéiens n’était pas suffisante pour leur faire comprendre qu’ils vivaient au pied d’un volcan. Ce n’était pour eux qu’une montagne qui de temps en temps faisait trembler leur sol. En fait, le Vésuve avait déjà explosé par le passé. La lave avait fertilisé les sols et c’est pour cette raison que des populations s’étaient installées dans cette région pour y faire pousser des vignes. Et aujourd’hui encore, les Napolitains vivent au pied du volcan, sachant qu’à tout moment il peut se réveiller. Mais la place est bonne !

Le Titanic avait été averti de la présence des icebergs sur sa route. D’autres paquebots avaient dévié leur trajectoire, certains même s’étaient arrêtés pour laisser passer la nuit et reprendre leur route de jour. Mais le Titanic était pressé. Il voulait arriver à l’heure, et peut-être même en avance, pour défier la concurrence. Des sommes considérables étaient en jeu.

Tout cela ne vous évoque rien ? Si, bien sûr, notre époque moderne. Tout ce qui caractérise ces deux événements funestes se retrouve aujourd’hui. Sommes-nous la troisième catastrophe ?

L’Atlantide

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J’ai intitulé cet article « Jamais deux sans trois », mais en fait, il y a eu par le passé une autre catastrophe, c’est l’Atlantide.

Une représentation de l’Atlantide d’après la description de Platon.

Décrite par Platon dans le Timée et le Critias, l’Atlantide était une civilisation avancée, riche et puissante, mais corrompue par la cupidité et l’orgueil. Selon le philosophe, les Atlantes, après avoir conquis une grande partie du monde, furent punis par les dieux : leur île fut engloutie par les flots en un jour et une nuit.

Bien que son existence reste débattue, l’Atlantide symbolise l’idée d’une nature (ou d’une divinité) qui se rebelle contre l’excès et l’injustice, un avertissement intemporel.

Je ne l’ai pas comptée car c’est peut-être une légende. L’Atlantide a fini au fond de la mer. Mais où ? Dans l’Atlantique ? Dans la Méditerranée ? On ne le sait pas. Différentes hypothèses sont avancées. On la cherche encore.

La troisième catastrophe en vue ?

Nous savons que nous filons droit dans le mur, mais l’appât du gain est plus fort. Nous défions une nouvelle fois la nature. Nous ne nous laissons pas impressionner par les menaces qu’elle fait peser sur notre avenir. Pollution, épuisement des ressources, disparition des espèces, changement climatique : nous malmenons la Terre qui pourrait bien nous rappeler à l’ordre. Tout cela pour quoi ? Pour qui ?

La société est désormais gouvernée par les plus riches, qui en veulent toujours davantage et entraînent le reste de la société vers le bas. Il y a une classe moyenne qui s’imagine encore être en capacité de s’élever, mais le fossé se creuse chaque jour. Et puis il y a ceux d’en bas, qu’on n’entend pas beaucoup, car la plupart sont d’origine étrangère. Ils ne veulent pas se faire remarquer. Ils ne se sentent pas le droit de réclamer plus. Ils ne votent pas beaucoup. Même miséreux, ils sont toujours mieux que dans leur pays d’origine.

En 2024, la NASA publie un document sur les phénomènes qui menacent la survie de notre civilisation.

En 2024, un rapport soutenu par la NASA a modélisé l’effondrement possible des sociétés modernes en raison de deux facteurs clés :

 Les inégalités de revenus : une concentration excessive des ressources entre les mains d’une élite appauvrit la majorité, réduisant la résilience de la société face aux crises.

 L’épuisement des ressources : la surexploitation de la planète (climat, eau, sols) mène à des pénuries et des conflits, accélérant l’effondrement.

Le rapport de la NASA s’appuie sur des modèles mathématiques, montrant que les civilisations s’effondrent lorsque les ressources deviennent insuffisantes pour soutenir la population, surtout si les inégalités sont fortes. Des études récentes confirment d’ailleurs que les sociétés les plus égalitaires résistent mieux aux chocs climatiques et économiques.

Mais nous n’avons tenu aucun compte de ce rapport. Au contraire, nous laissons la richesse se concentrer en haut de la société, et le bas s’appauvrir. La plupart des gens, désormais, n’imaginent pas que l’avenir de leurs enfants sera meilleur que le leur. Les plus fortunés dictent leur loi et le bulletin de vote perd de son pouvoir. On passe progressivement de la démocratie à l’oligarchie, le gouvernement des riches.

Orgueil, mépris des classes inférieures, cupidité, inconscience — tout semble bien réuni pour qu’une nouvelle catastrophe semblable à celle de Pompéi ou à celle du Titanic se produise un jour, mais à une échelle bien plus importante. Elle devrait toucher plus de monde, pour longtemps.

La chute d’un astéroïde pourrait être une des causes possibles de notre anéantissement. (Reconstitution IA de Gemini)

Un jour, peut-être, des survivants de notre monde se demanderont dans quel fond marin a fini notre civilisation. Jamais deux sans trois. L’épave du Titanic a été retrouvée en 1985, la ville de Pompéi a été redécouverte lors de fouilles en 1748. On cherche encore l’Atlantide. Peut-être qu’on ne retrouvera pas notre civilisation, pulvérisée par une météorite, vaporisée par une bombe atomique, fondue par les rayons du soleil après la disparition du champ magnétique, engloutie sous la lave du volcan Yellowstone, que sais-je encore [1] ?

Et on se demandera si notre civilisation n’était pas un mythe.

Le temps nous est sans doute compté, mais on danse, au son des trois musiciens qui nous accompagnent : l’orgueil, l’injustice et l’imprévoyance.

On ne pourra pas dire qu’on ne nous avait pas prévenus. Mais peut-être qu’on ne pourra plus rien dire. fin

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Notes

[1J’ai décrit dans l’article Et si nous étions vraiment seuls dans l’univers ? tous les périls qui guettent la Terre.

PUBLIÉ LE : 1er avril 2026 | MIS À JOUR LE : 30 août 2026

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